Analyse | Une voiture entièrement fabriquée aux États-Unis, c’est possible?
« Made in America », c’est plus qu’un slogan, c’est l’ambition à peine voilée du président Donald Trump, qui souhaite que davantage de véhicules soient complètement fabriqués en sol américain, sans dépendre du Canada ni du Mexique. Depuis la signature du Pacte de l'automobile, il y a 60 ans, les constructeurs ont exploité les Jan Griffiths a longtemps travaillé comme cadre dans le secteur automobile aux États-Unis. Tout véhicule construit en Amérique du Nord est le fruit d’un réseau complexe de chaînes d’approvisionnement interreliées qui dépend des matières premières et de fournisseurs de pièces répartis sur l’ensemble du continent. Nous sommes liés de façon indissociable. Selon elle, les tarifs douaniers que menace d'imposer l’administration Trump vont Le président de l'Association des fabricants de pièces automobiles du Canada, Flavio Volpe, abonde dans ce sens. Selon lui, les avantages comparatifs, ces bénéfices tirés des usines spécialisées dans chaque pays, vont tout simplement s’évaporer. Flavio Volpe, président de l'Association des fabricants de pièces automobiles Photo : Radio-Canada / Laura MacNaughton Prenons par exemple ce système de suspension arrière d’une voiture fabriquée en Amérique du Nord. Chaque point sur cette infographie provient d’entreprises différentes situées au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Exemple d'un système de suspension arrière Pays d'origine Amortisseur Bras de suspension Bague différentielle arrière Équerre pour barre stabilisatrice Support de levage Pignon de différentiel arrière Équerre pour racle Barre stabilisatrice Bras de commande inférieur Bras de commande supérieur Flexible de frein Câble pour frein d'urgence Module de frein Exemple d'un système de suspension arrière Pays d'origine Équerre pour barre stabilisatrice Amortisseur Bague différentielle arrière Bras de suspension Barre stabilisatrice Bras de commande supérieur Pignon de différentiel arrière Support de levage Flexible de frein Câble pour frein d'urgence Module de frein Bras de commande inférieur Équerre pour racle Exemple d'un système de suspension arrière Pays d'origine Amortisseur Équerre pour barre stabilisatrice Bague différentielle arrière Bras de suspension Barre stabilisatrice Bras de commande supérieur Pignon de différentiel arrière Flexible de frein Support de levage Câble pour frein d'urgence Module de frein Bras de commande inférieur Équerre pour racle (Les noms de fournisseurs ont été retirés des infographies afin de respecter la confidentialité des appels d'offres des constructeurs automobiles.) Le caoutchouc est transformé à Monterrey, au Mexique, et ensuite acheminé en Iowa, où il est façonné en connecteurs. Ces pièces s'intègrent dans des bras de suspension fabriqués à Brampton, en Ontario, qui permettront ensuite l’assemblage du système de suspension arrière. Cette composante est enfin expédiée à Windsor, en Ontario, où le véhicule est finalement assemblé avant d’être vendu en Californie. Un moteur est-il américain si le moulage est fait au Mexique à partir d'aluminium du Québec? Les pièces, les modules et les différentes composantes d’une voiture peuvent traverser les frontières à plusieurs reprises avant que le produit final soit acheté par un client. Cependant, avec des tarifs douaniers, ces nombreux voyages transfrontaliers se feront au ralenti et deviendront très coûteux, souligne Flavio Volpe. Le voyage transfrontalier d'une pièce en acier Acier produit à Steelton, Pennsylvanie Ressort d'amortisseur fabriqué à Piedras Negras, Mexique Entretoise de tourelle produite à Livonia, Michigan Système de suspension arrière assemblé à Vaughan, Ontario Véhicule construit à Kansas City, Missouri Véhicule vendu à Toronto Le voyage transfrontalier d'une pièce en acier Acier produit à Steelton, Pennsylvanie Ressort d'amortisseur fabriqué à Piedras Negras, Mexique Entretoise de tourelle produite à Livonia, Michigan Système de suspension arrière assemblé à Vaughan, Ontario Véhicule construit à Kansas City, Missouri Véhicule vendu à Toronto Le voyage transfrontalier d'une pièce en acier Système de suspension arrière assemblé à Vaughan, Ontario Véhicule vendu à Toronto Acier produit à Steelton, Pennsylvanie Entretoise de tourelle produite à Livonia, Michigan Véhicule construit à Kansas City, Missouri Ressort d'amortisseur fabriqué à Piedras Negras, Mexique L’élimination des droits de douane était un élément clé de l'Accord de libre-échange nord-américain renégocié en 2018. Donald Trump avait présenté cette entente comme une avancée majeure pour le secteur automobile. Presque sept ans plus tard, avec sa dernière salve de tarifs, Donald Trump qualifie pratiquement son propre accord commercial d'échec. Les dirigeants nord-américains ont signé le nouvel accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) en novembre 2018. Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick Rapatrier la production de véhicules en sol américain ne se fera pas du jour au lendemain, explique Patrice Maltais, de Constructeurs mondiaux d'automobiles du Canada. Selon lui, construire des usines et réorganiser les chaînes d'approvisionnement coûterait plusieurs milliards de dollars, ce qui ferait grimper les coûts de production et les prix des véhicules. Au final, c'est toujours le consommateur qui se ramasse avec la facture. Patrice Maltais est porte-parole de Constructeurs mondiaux d'automobiles du Canada, un organisme qui représente les fabricants. Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny Même si certaines exemptions sont accordées, comme l'a laissé entendre le premier ministre Doug Ford jeudi après sa conversation avec le secrétaire américain au Commerce, la menace de déconstruire le secteur automobile a secoué la confiance des investisseurs et pourrait mettre à mal une des plus grandes industries nord-américaines. Avec des informations de Peter Armstrong, de CBCSi vous construisez vos voitures aux États-Unis, il n’y aura pas de tarifs
, a-t-il lancé dans le bureau ovale plus tôt cette semaine. Le président s’attend à une ruée des constructeurs automobiles et de leurs fournisseurs dans son pays. Mais ce n’est pas si simple. Loin de là.avantages comparatifs
du Canada et des États-Unis. Leurs usines se sont alors spécialisées afin d’accroître la compétitivité de l'industrie, d'optimiser la production et de rendre les véhicules plus abordables.Nous avons passé des décennies à bâtir des chaînes de production complexes dans cette industrie
, raconte-t-elle.infliger un camouflet
à l’industrie.Fini, les avantages comparatifs?
C’est vraiment absurde
, dit-il.
Une fois cette entente approuvée, ce sera une nouvelle ère pour l'industrie automobile américaine et pour les travailleurs américains de l'automobile
, avait déclaré le président à l’époque.
Un plan très coûteux
Ça pourrait prendre de 5 à 10 ans, au minimum
, dit-il.On ne comprend pas vraiment c'est quoi, la logique en arrière de ça
, ajoute-t-il.
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